L’information sur la mort subite en épilepsie au Japon

, par STOPMEP

Voici l’information sur la mort subite en épilepsie accessible en ligne depuis 10 ans sur le site du Centre de rééducation de Midorigaoka.
Des informations générales sur l’épilepsie et son traitement y sont régulièrement publiées par le Dr Kimio Minagawa.

https://ryokkakai.net/midori/knowladge/

4 avril 2016

7è partie :

 Je souhaiterais aujourd’hui aborder un sujet grave : la mort subite. Selon certaines études, le risque de mort subite chez les personnes atteintes d’épilepsie serait jusqu’à 24 fois plus élevé que chez les personnes en bonne santé.
Les causes les plus connues de mort subite chez les personnes épileptiques sont les traumatismes (traumatismes crâniens dus à une crise ou accidents de la route, etc.), la noyade (due à une crise survenue dans la baignoire) et le suicide. D’autre part, on sait depuis longtemps qu’il existe des cas de mort subite d’origine inconnue, appelés « mort subite et inattendue dans l’épilepsie » (SUDEP). On estime que la SUDEP représente plus de 10 % des causes de décès chez les personnes épileptiques.
 La SUDEP est définie comme « un décès soudain et inattendu survenant chez une personne épileptique dont l’état est satisfaisant, et dont la cause n’est ni un traumatisme ni une noyade », à l’exclusion des décès dus à un état de mal épileptique.
Parmi les facteurs de risque de la SUDEP, on cite notamment : ① une fréquence élevée de crises, ② la présence de crises tonico-cloniques, ③ l’association de plusieurs antiépileptiques, ④ des changements fréquents de traitement, ⑤ l’oubli de prise ou l’arrêt brusque du traitement, ⑥ l’impossibilité d’assurer une surveillance nocturne, ⑦ une longue durée de la maladie, ⑧ le fait d’être un jeune adulte, ⑨ le fait d’être un homme ; toutefois, ces éléments font l’objet de débats.
 Les causes et le mécanisme pathologique de la SUDEP n’ont pas encore été élucidés. Aucune conclusion n’a été tirée quant à savoir, parmi les anomalies survenant au niveau des poumons, du cœur ou du cerveau, laquelle constitue le facteur essentiel et le plus important dans l’apparition de la SUDEP. On considère aujourd’hui qu’il s’agit d’un phénomène qui ne peut s’expliquer par une atteinte d’un seul système et que, malheureusement, c’est une succession en chaîne de ces événements, pour une raison quelconque, qui conduit à l’arrêt cardio-respiratoire. D’après les rapports concernant des patients ayant succombé à la SUDEP lors d’une surveillance vidéo-électroencéphalographique, le processus aurait débuté par une inhibition du système nerveux autonome survenant peu après la crise (accompagnée d’une suppression généralisée de l’activité cérébrale visible à l’électroencéphalogramme), suivie d’une apnée transitoire, d’une bradycardie et d’un arrêt cardiaque transitoire, avant de déboucher finalement sur une apnée, un arrêt cardiaque, puis un arrêt cardio-pulmonaire. Il convient de noter que, dans le cas des crises partielles complexes, même en cas d’arrêt cardiaque pendant la crise, une récupération spontanée est fréquente ; en revanche, dans les crises de généralisation secondaire, l’arrêt cardiaque survient après la crise, et le taux de décès par SUDEP est élevé.
 Ce sujet est certes complexe, mais il peut constituer un problème grave, en particulier lorsque le patient vit seul. Je les invite donc, ainsi que leurs proches, à garder ces informations à l’esprit.

Kimio Minagawa
Association d’aide sociale « Sapporo Ryokuka-kai »
Centre de rééducation de Midorigaoka, région de Sapporo
Japon

Traduction par Deeple
Vérifiée par STOPMEP
Source : https://ryokkakai.net/midori/knowladge/page/3/